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title: "Des frais bancaires amputent le virement : expliquer le solde restant"
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updated: 2026-10-09
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# Des frais bancaires amputent le virement : expliquer le solde restant

Votre client annonce un règlement de 10 000 €, mais votre compte ne présente qu'une augmentation de 9 975 €. Avant de réclamer les 25 € manquants, il faut déterminer qui les a prélevés, au titre de quel service et à la charge de qui. La différence entre facture et trésorerie nette ne mesure pas toujours une dette client.

Cette vérification est particulièrement utile lorsque l'entreprise reçoit des paiements transfrontières. Le circuit de paiement, les conditions de la banque et l'accord commercial ne répondent pas à la même question. Les rapprocher permet d'envoyer une demande justifiée, de corriger le rapprochement ou de faire rechercher une retenue bancaire, selon les faits établis.

## Reconstituer trois montants distincts

Conservez séparément le montant demandé au client, le montant de l'opération reçue et les frais supportés par votre entreprise. Ajoutez la devise pour chacun. Une ligne de relevé ou un tableau de trésorerie peut présenter seulement le résultat net, alors que le détail bancaire distingue l'opération et la commission.

Demandez ce détail avant de conclure à un paiement partiel. Il doit permettre d'identifier l'émetteur du prélèvement, sa référence, sa date et le lien avec l'opération. Une mention générale « frais » ne permet pas de décider si le client a diminué son ordre, si un intermédiaire a retenu une commission ou si votre banque a facturé son propre service.

Le travail commence comme pour un [virement reçu mais non rapproché](https://www.billabex.com/fr/blog/virement-recu-facture-encore-ouverte-retrouver-un-paiement-non-rapproche/) : retrouver les informations bancaires utiles et les rattacher au bon dossier. La différence vient ensuite, lorsque la somme reçue doit être ventilée entre règlement de la créance et coût du service bancaire.

## Ne pas traiter tous les virements comme un même circuit

L'European Payments Council indique que le schéma SEPA Credit Transfer transmet le montant d'origine intégral et que chaque utilisateur ne peut être facturé que par son propre prestataire. Un paiement SEPA ne doit donc pas être assimilé d'emblée à un transfert international dont les intermédiaires réduiraient librement le montant en route. [Caractéristiques du virement SEPA, EPC](https://www.europeanpaymentscouncil.eu/what-we-do/sepa-credit-transfer).

Pour les opérations entrant dans son champ, l'article L133-11 du Code monétaire et financier prévoit le transfert intégral. Il permet cependant au bénéficiaire de convenir avec son prestataire du prélèvement de ses propres frais avant crédit, avec une information séparant montant total et frais. Cette présentation explique pourquoi un crédit net peut demander une lecture détaillée. [Code monétaire et financier, article L133-11](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035430428).

Le champ juridique dépend notamment des prestataires concernés et de la devise. L'article L133-1 prévoit des exclusions de L133-11 pour certaines opérations. Il faut donc vérifier ces éléments avant d'appliquer la règle à un transfert hors Espace économique européen ou dans une autre devise. SEPA et Espace économique européen ne sont pas deux périmètres à confondre. [Champ d'application des règles de paiement](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072026/LEGISCTA000006153962/).

## Un même net bancaire, deux conclusions différentes

Prenons deux situations entièrement simulées, en euros, sans conversion de devise. Dans les deux cas, la facture représente 10 000 €. Aucun avoir ni escompte ne modifie le prix convenu.

Dans la première situation, le détail bancaire confirme une opération de 10 000 € et une commission de réception de 25 € due par votre entreprise à sa banque. Aucune clause commerciale ne prévoit de refacturer cette commission au client. La trésorerie nette augmente de 9 975 €, mais le règlement de la facture est de 10 000 €. Le rapprochement doit distinguer la charge bancaire et le paiement ; réclamer 25 € sur la facture créerait un faux solde.

Dans la seconde, le client a effectivement ordonné 9 975 €, sans accord de réduction du prix et sans frais venant expliquer une opération plus élevée. Le règlement reçu est alors de 9 975 € et le solde de facture de 25 €. La même hausse du compte bancaire conduit à une autre analyse, parce que l'opération sous-jacente diffère.

| Situation simulée                             | Opération reçue | Frais propres identifiés | Trésorerie nette | Solde de facture |
| --------------------------------------------- | --------------: | -----------------------: | ---------------: | ---------------: |
| Paiement intégral, frais de réception propres |        10 000 € |                     25 € |          9 975 € |              0 € |
| Ordre diminué sans accord                     |         9 975 € |                      0 € |          9 975 € |             25 € |

Ces montants ne sont pas des tarifs bancaires observés. Ils montrent pourquoi une soustraction appliquée au net bancaire ne suffit pas. Le comptable valide la ventilation et les justificatifs ; l'équipe de relance utilise ensuite le solde corrigé.

## Comprendre les mentions OUR, SHA et BEN

Pour les virements internationaux non SEPA, la Banque de France présente trois modes de répartition des frais : OUR, SHA et BEN. Elle précise aussi que des frais de réception peuvent rester facturés par la banque du bénéficiaire, même lorsque l'émetteur prend à sa charge les frais d'émission. Il faut consulter les conditions applicables à l'opération. [Banque de France, virement international](https://www.banque-france.fr/fr/a-votre-service/particuliers/mieux-connaitre-moyens-paiement/virement-international).

La présence de l'une de ces mentions aide à interroger la banque. Elle ne remplace pas la lecture de votre accord commercial avec le client. Un choix bancaire et une obligation de paiement entre entreprises ne sont pas interchangeables. Conservez donc l'instruction de frais connue et la clause contractuelle pertinente dans deux informations distinctes.

Si l'opération traverse une banque intermédiaire, demandez une recherche du chemin du montant, en précisant les sommes et références disponibles. Tant que l'origine de la retenue reste inconnue, évitez d'affirmer au client qu'il a volontairement déduit les frais. Inversement, une mention « frais bancaires » dans son courriel ne démontre pas que la facture est intégralement réglée selon l'accord applicable.

## Poser une question qui fait avancer le dossier

Une première demande peut être formulée ainsi : « Nous rapprochons votre règlement relatif à la facture F204. Notre détail bancaire présente un montant net de 9 975 € pour une facture de 10 000 €. Pouvez-vous confirmer le montant de l'ordre exécuté et la répartition des frais indiquée par votre banque ? Nous vérifions parallèlement les frais éventuels de notre établissement. »

Ce message présente l'écart sans attribuer prématurément sa responsabilité. Il demande des informations qui permettent de départager les hypothèses. Si vous disposez déjà d'une preuve établissant des frais propres, corrigez d'abord le dossier : inutile de demander au client une recherche devenue sans objet.

Une fois la cause connue, la seconde communication devient précise. Soit vous confirmez que le règlement couvre la facture, soit vous expliquez le solde établi et sa base, soit vous indiquez la recherche bancaire encore nécessaire. Le traitement d'un [petit solde client](https://www.billabex.com/fr/blog/petits-soldes-clients-cout-traitement/) permet ensuite d'arbitrer l'effort approprié si une somme reste effectivement due.

## Éviter la répétition sur les prochaines factures

Si vingt règlements présentent chacun 25 € de frais propres, le coût bancaire cumulé est de 500 € dans cet exemple simulé. Il doit être visible pour discuter du service bancaire ou des conditions futures. Le transformer en vingt incidents de paiement client fausse le suivi de la relation et peut produire vingt relances inutiles.

Cherchez aussi si le paiement regroupe plusieurs pièces. Les frais ne doivent pas être attribués arbitrairement à la dernière facture du lot. La méthode pour [un virement couvrant plusieurs factures](https://www.billabex.com/fr/blog/virement-unique-plusieurs-factures/) aide à conserver une affectation explicable avant de traiter le coût bancaire séparément.

Pour les contrats à venir, précisez la devise, le circuit accepté et les responsabilités sur les frais avec les interlocuteurs compétents. Un changement de conditions doit être convenu ; une préférence interne ne peut pas être ajoutée rétroactivement au montant demandé.

Les [conversations de relance Billabex](https://www.billabex.com/fr/produit/relances-conversations/) donnent un cadre pour conserver la réponse du client et les prochaines actions. Le point de décision reste la preuve du montant et de la cause de l'écart. Une relance fiable demande un solde expliqué, même lorsque quelques euros seulement séparent le virement annoncé de la trésorerie disponible.

## Sources

- European Payments Council, caractéristiques du SEPA Credit Transfer, consultées le 7 septembre 2026.
- Code monétaire et financier, articles L133-11 et L133-1, consultés le 7 septembre 2026.
- Banque de France, fiche sur le virement international non SEPA, consultée le 7 septembre 2026.
