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updated: 2026-11-08
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# Prestations supplémentaires : obtenir un accord exploitable avant de relancer

« Pouvez-vous aussi décliner la campagne en six formats ? » L’équipe accepte pour tenir la date de lancement. Le devis complémentaire part après la livraison. Lors de la relance, le client répond que ces déclinaisons faisaient partie du forfait. Le problème ne se résout pas avec un message plus ferme : l’agence doit retrouver ce qui a été demandé, ce qui était inclus et ce qui a été accepté financièrement.

Cette situation concerne particulièrement les prestations créatives, où une correction, une adaptation et une nouvelle création peuvent se ressembler dans l’outil de production tout en ayant des conséquences commerciales différentes. L’objectif du dossier est de rendre le désaccord assez précis pour qu’une personne autorisée puisse le trancher. Il ne s’agit ni de présenter chaque demande client comme facturable ni d’abandonner une rémunération parce que l’échange a été informel.

## Commencer par qualifier le travail ajouté

Reprenez le périmètre d’origine avant de compter les heures. Une erreur de l’agence à corriger, un aller-retour prévu dans le forfait et un changement de besoin du client n’appellent pas la même discussion. Le temps réellement passé aide à expliquer l’effort ; il ne prouve pas, à lui seul, qu’un supplément a été commandé au tarif annoncé.

Le guide métier de l’AACC distingue le périmètre d’une rémunération forfaitaire et les prestations évolutives qui peuvent faire l’objet d’un devis. Ce document d’octobre 2014 sert ici à organiser la lecture du dossier, pas à imposer ses recommandations contractuelles à un client. [AACC, pages 10 et 22](https://www.aacc.fr/wp-content/uploads/2024/10/Com-fin-digitale_relation-agence-annonceur-1.pdf).

Créez une comparaison courte : demande initiale, demande nouvelle, différence observable. « Campagne plus complexe » reste trop vague. « Ajout d’une version anglaise et de quatre formats non mentionnés au devis » peut être vérifié. Joignez les versions pertinentes du brief plutôt que toutes les tâches du projet. Une liste de fichiers livrés sans comparaison avec la commande ne démontre pas où commence le supplément.

## Trois accords à ne pas confondre

Le client peut avoir approuvé l’idée, demandé l’exécution et discuté le prix à trois moments distincts. Un message enthousiaste sur une maquette peut établir une validation créative sans confirmer un budget supplémentaire. De même, un chef de projet côté client peut coordonner la production sans être autorisé à engager une nouvelle dépense.

Le Code civil prévoit que la modification d’un contrat repose sur le consentement mutuel, sauf les causes autorisées par la loi. C’est le point de départ de l’examen, pas une conclusion automatique sur la valeur de chaque courriel. [Article 1193, force obligatoire du contrat](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000032009282).

Dans le dossier, séparez donc l’accord sur le travail, l’accord sur le prix ou sa méthode de calcul et la confirmation de la personne habilitée. Si une pièce manque, indiquez-le. Il vaut mieux une ligne « prix encore à confirmer » qu’un statut « validé » dont chaque équipe donne une définition différente. Cette distinction évite qu’une automatisation transforme une hypothèse commerciale en affirmation adressée au débiteur.

## Exemple : ne pas mélanger 8 000 euros et 1 200 euros

Voici une **simulation de négociation**, et non un cas client. Le contrat initial représente 8 000 euros HT, dont 4 000 déjà réglés. L’agence ajoute une prestation qu’elle chiffre à 1 200 euros HT. Elle émet ensuite une facture de 5 200 euros HT, composée du solde initial de 4 000 euros et du supplément. Le client reconnaît le solde initial mais conteste avoir accepté le prix additionnel.

Le premier travail n’est pas de réclamer 5 200 euros plus souvent. Il consiste à vérifier si le montant reconnu est arrivé à échéance et s’il peut être traité séparément selon le contrat et la situation. Si c’est le cas, la discussion peut distinguer la demande sur les 4 000 euros reconnus et l’arbitrage commercial sur 1 200 euros. Les éventuelles corrections de facture restent du ressort de la comptabilité.

| Élément simulé             | Ce que le dossier doit établir                                     | Responsable interne    |
| -------------------------- | ------------------------------------------------------------------ | ---------------------- |
| Solde initial : 4 000 € HT | Prestation convenue, réalisation, échéance, absence de paiement    | Comptabilité et projet |
| Supplément : 1 200 € HT    | Différence de périmètre, accord sur le prix, validation compétente | Commercial             |
| Facture émise : 5 200 € HT | Document d’origine et correction éventuelle documentée             | Comptabilité           |

Les totaux sont volontairement hors taxes pour expliquer la composition. La demande réelle reprend les montants TTC et les mouvements comptabilisés. Le dossier ne doit pas appliquer un pourcentage de remise à l’ensemble de la créance pour régler un différend qui porte seulement sur l’ajout.

## Présenter une chronologie qui permet de décider

Gardez une chronologie avec les dates de la demande, de l’estimation, de la réponse et de la livraison. Associez à chaque étape le document d’origine et son auteur. Conservez aussi les réserves du client : les supprimer ferait perdre le contexte qui explique le refus de paiement. Un extrait utile doit permettre de revenir à la conversation complète si nécessaire.

L’article 1353 du Code civil rappelle que celui qui demande l’exécution d’une obligation doit la prouver. Cette règle explique pourquoi une facture et un relevé de temps ne dispensent pas d’examiner la commande. La portée exacte des éléments réunis peut nécessiter un conseil juridique lorsque le désaccord persiste. [Code civil, article 1353](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032042341).

Demandez au commercial une position écrite : maintien de la demande avec ses justifications, proposition de compromis ou reconnaissance d’une erreur. L’équipe chargée des relances n’a pas à décider discrètement qu’un supplément est offert. Inversement, elle ne doit pas continuer à demander le montant intégral après qu’une concession a été acceptée par la personne autorisée.

## Poser une question financière précise

Une bonne reprise de contact indique le point convenu et le point ouvert. Par exemple, dans notre simulation : « Vous confirmez le solde du devis initial ; le désaccord porte sur les déclinaisons ajoutées. Pouvez-vous nous indiquer qui peut examiner la proposition complémentaire et les échanges joints ? » Le message donne une possibilité de réponse concrète, sans prétendre que le client a déjà reconnu le supplément.

Lorsque le montant est finalement accepté, documentez sa facturation et ses conditions de règlement. Dans le cas général B2B français, la DGCCRF rappelle un plafond convenu de **60 jours nets** après émission de la facture, avec des exceptions et une autre possibilité encadrée à 45 jours fin de mois. Ce repère ne permet ni d’antidater un accord ni d’effacer le délai applicable au solde initial. [DGCCRF, délais de paiement](https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/delais-de-paiement-les-regles-connaitre).

Si un paiement fractionné est accepté, formalisez-le dans un [échéancier de paiement](https://www.billabex.com/fr/blog/echeancier-de-paiement/) distinct de la discussion sur le prix. La question « combien est dû ? » doit être résolue avant que « quand le régler ? » serve de base aux prochaines relances.

## Réduire les répétitions sur les prochains projets

Le retour d’expérience doit modifier le moment où l’agence parle du prix. Une demande nouvelle reçoit une courte réponse indiquant le travail ajouté, le prix proposé, l’impact sur le calendrier et la validation attendue. Si l’urgence impose une intervention avant accord complet, le responsable commercial en assume explicitement le risque ; cette exception ne devient pas une validation fictive dans le système.

Reliez ensuite le supplément accepté à son propre événement financier. Notre article sur [les jalons du projet et les factures d’agence](https://www.billabex.com/fr/blog/agence-jalons-projet-factures-relance/) aide à conserver ce lien sans mélanger l’avancement de production et le montant à réclamer. Les [conseils pour relancer une facture](https://www.billabex.com/fr/blog/conseils-pour-vos-relances-de-facture-impayee/) restent utiles pour le ton et la clarté du message une fois le dossier établi.

L’automatisation peut maintenir la conversation, identifier une contestation et faire remonter une décision. Elle ne crée pas l’accord commercial absent. Découvrez les [relances et conversations Billabex](https://www.billabex.com/fr/produit/relances-conversations/) pour déléguer le suivi tout en conservant la main sur les concessions et les désaccords de périmètre.
